« Retour au blog de pacaly

Interview P.Pacaly

Voilà donc l'interview..on attend vos réactions !



« Bonjour, tes textes parlent beaucoup d'adolescence, âge d'or comme je le dit si bien, as-tu eu une adolescence comme les autres ou plus mouvementé? » Indoctrination

Bonjour Indoctrination. Tu parles d'adolescences mouvementées ou pas mouvementées. Je ne vois pas les choses comme ça, pas sur ce plan-là. Je veux dire, bien sûr, celui ou celle qui aura été battu, celui ou celle qui aura subit des sévices de tout ordre aura une approche de la vie différente des autres. Mais mon approche serait plutôt en terme de solitude. Par exemple beaucoup des ados qui se suicident ne sont pas battus, mais se sentent seuls, désespérément seuls. Et c'est solitude qui les pousse jusqu'à ce geste fatal. Ils tendaient la main à quelqu'un mais personne n'a su la prendre, l'attraper. Oui, tu as raison, l'adolescence est le passage crucial entre deux mondes, celui des enfants, et celui des adultes. C'est là que tout se passe. C'est entre 15 et 20a que se décide ce que tu seras a 30, 40 ou 50 ans... C'est pour ça qu'il serait bien qu'on arrête d'abrutir les jeunes avec toute cette merde à la télé, à la radio etc... On a cette étrange impression qu'on veut les abrutir pour mieux les contrôler...C'est pour ça qu'il ne faut pas se laisser faire !
Pour en revenir à ta question, je pense que si les adolescences sont différentes dans leur vécu, la solitude, elle, est partout, partout et toujours la même. Nous cherchons tous l'amour, dans le tourment ou dans le calme. Il n'y a pas plusieurs souffrances, elle est unique. Ca fait mal ici ou là, ici et là. Physiquement et/ou moralement. Mon adolescence n'est pas tragique, ni unique. Elle est celle de millions d'ados qui cherchent l'amour et ne trouvent que la solitude. Tous les lycées et collèges sont partout les mêmes. Il y a ceux dont on se moque, ceux qui se moquent des autres, et enfin, ceux qui ne disent rien. J'était de ces derniers. Je n'arrivais pas à « m'intégrer » dans un groupe tout simplement parce que je trouvais ça nul. J'aimais croire que chaque être, chaque personne vaut d'être connu, et pas seulement faire partie d'un groupe et ignorer les autres. J'étais donc ce qu'on peut appeler un solitaire. Mais j'aimais ça. Je n'ai jamais eu envie d'être comme les autres – et cela est pareil pour tout le monde à mon avis- et donc, me dire que je n'étais pas comme ces crétins qui racontaient des cracks sur tel mec ou telle fille, ça me rassurait plus qu'autre chose. Après, pour faire des rencontres, surtout les filles, c'est différent, mais j'ai déjà pris assez de place avec cette question...et je ne veux pas trop vous embêter non plus.


« Pascal comment t'es venue l'idée d'écrire « histoire(s) de mon groupe de musique » ? Et qu'est ce qui ta le plus motivé ? » Une fille au masculin

Eh bien j'aime le rock. Et comme dans toute ½uvre d'art, dans toute création, il faut aimer ce que l'on fait pour que cela transparaisse au résultat final. Le rock donc, oui, cette sorte de rébellion, ce côté à côté de la société...
L'idée est venue ainsi.... J'avais écris une nouvelle sur un groupe de lycéens voulant perdre leur pucelage. Et après une soirée arrosée à mater la télé, l'un des mecs de la bande décida qu'il était d'arrêter de déconner ! On a qu'une vie, et le sexe, il faut y goûter ! Il fut donc décidé que ce soir serait le soir où l'on monterait un groupe de rock, car les filles aiment les rockeurs, et les rockeurs aiment les filles... Et c'est ainsi que le soir-même, après avoir piqué des instruments aux grands frères, aux pères, on s'en alla la nuit pour monter sur le toit du lycée. Jouer la nuit, sûr, le dirlo aimerait pas, mais ça ferait vraiment classe, ça en jetterait... on parlerait d'eux une année entière...Sauf que tout ne se passa comme prévu...
Voilà donc un peu le noyau de cette nouvelle. Et puis, avec un ami, on s'est dit.. « et pourquoi pas demander à de vrais groupes de rock connus et tout ? ».... Voilà comment tout a commencé... pour la motivation... c'est mêler mes deux arts préférés. Musique et littérature. Quel pied y avait-il à prendre ! Et ce fut effectivement le cas...


« Comment a-tu choisi les groupes concernés? » Mouton solitaire

Comme je le dis plus haut, il faut aimer sur quoi on écrit... donc déjà j'ai choisi des groupes que j'aimais. Après, par myspace, par les magazines de rock, on se fait une idée de ce qui marche, de ce que les gens apprécient, etc... et c'est là où il faut associer les deux. Un groupe qui touchera le maximum de gens, et qui te touchera toi personnellement.


« Pascal quel rapport entretiens- tu avec Indochine? Est-tu fan? Les connais tu personnellement? » sisi

Ah Indochine ! On m'a souvent posé la question.... Eh bien je n'ai aucun contact. Juste celui de fan à un groupe que j'adore particulièrement. J'ai découvert Indochine avec Kissing my song, l'inédit de la compil' de 96.. ce que j'aimais sur cette compilation, c'était la photo de Gwen. Une fille aux cheveux courts, féminine et masculine à la fois... J'avais 19a à l'époque... l'âge où beaucoup de choses se passent encore... et la chanson, elle est si sexy, si ambiguë... de suite j'ai accroché... J'ai découvert le reste avec... Puis dans la foulée, il y a eut Wax, que j'ai adoré... quelle tristesse de voir que cet album magnifique n'ait pas eu l'accueil qu'il méritait... C'était cette sale époque où on les snobait après les avoir magnifier... la presse et ses crachats, le revers de la médaille sans doute... Cet univers m'inspire, j'adore la poésie qu'il en ressort. La féerie, le sexe, l'érotisme, un côté trash mais pas vulgaire... bien sûr ça ne peut que m'inspirer...
C'est marrant, je ne sais pas trop si c'est encore beaucoup le cas aujourd'hui, mais on se moque parfois encore des fans d'indochine. Et je me rappelle avoir été surpris par une amie à ne pas avouer de suite qu'elle était fan, de peur de passer pour une ado en mal de puberté... Elle avait 25 ans à l' époque, y'a deux ans... j'ai trouvé ça si triste de voir combien l'avis des autres était important pour elle. C'est dommage... on a qu'une vie... il faut faire ce que nous voulons nous. Pas ce que les autres attendent de nous.... Je n'ai pas envie d'arriver à 90 ans, sur mon lit de mort...et de me dire « ah combien j'ai été bête... pourquoi je ne me suis jamais habillé comme ci ou comme ça..., pourquoi j'ai pas osé faire ci ou ça... simplement parce que tel ou telle ne voulait pas !». Non, comme le disait les doors « Je veux le monde, et je le veux maintenant ! ». De plus, souvent, les moqueurs, d'une part, sont ni plus ni moins jaloux d'un succès qu'ils n'auront pas – car franchement qui ne voudrait pas d'un succès tel qu'à celui d'indochine ? – mais ce qui est vraiment dommage, c'est que ces mêmes gens ne vont même pas au fond des choses... On se moque du groupe ? Bien, je vais faire comme tout le monde, et me moquer aussi ! Navrant...désolant...cette société n'est plus curieuse, ni rien... avant de juger, écoutons, lisons, et après notre c½ur et notre âme jugera.... Mais ne soyons pas moutons. Comme le dit un vieux proverbe indien : « avant de juger quelqu'un, il faut marcher deux lunes dans ses mocassins »....


«J'ajouterai à la question posé par Sisi, entretien tu les même rapports avec les autres groupes?
Quand a tu demandé aux groupes pour participé au livre ?, Ont-ils ont répondu tout de suite oui ou sont-ils réfléchi avant ?, s'ils étaient, très enthousiaste à cette idée? » the win cana


Alors ça s'est passé comme ça.... J'ai sélectionné une cinquantaine de groupes. Je leur ai envoyé des messages à eux et leur managers... Et certains refusaient, d'autres ne répondaient pas, et d'autres répondaient de suite (et pas forcément les moins connus)... pour faire court, au total j'ai travaillé sur 35 nouvelles... Ca a quand même mit un an et demi au total....mais bon c'est aussi harassant que passionnant.... Après inévitablement, on devient plus amis avec certains que d'autres, des affinités se créent etc, parce qu'à chaque interview on remonte vachement loin, y'a pas mal de souvenirs qui reviennent, etc... et donc on se découvre, s'explore... et des fois y'a un truc qui passe... et on garde contact...


« Pascal, t'es t-il difficile d'écrire des poèmes sur les autres et pour les autres ? » the win cana

Pour les autres oui... mais j'écris très très rarement pour les autres pour la simple raison que ce que tu as en tête n'aura pas forcément la même perception quand ce sera lu par un autre...et si j'écris pour quelqu'un, je veux qu'il comprenne exactement ce que je veux dire, sinon, c'est comme écrire une chanson pour un groupe, qu'il ne comprenne rien au texte, mais qu'il la chante quand même... aucun intérêt. Le but étant la communion entre nos deux arts, musique et littéraire, s'il n y en pas, c'est pas terrible du coup...
Après écrire pour un public, la, l'intérêt est tout autre... c'est jouer avec les mots...c'est lui dire « voilà le monde tel que je le vois... comment le reçois-tu, toi ? Es-tu d'accord ou pas ? M'aimes-tu, me rejètes-tu ? » Et puis du coup, chacun y verra ce qu'il y a envie de voir... Par exemple le poème «Le bal des vampires », selon sa vision les vampires peuvent être la société, les vampires eux-mêmes, où encore d'autres personnes de son entourage... et c'est génial d'avoir plusieurs visions qui se mélangent dans une...et le délice suprême est de savoir qu'il n'y a que soit qui sache vraiment de quoi il en retourne...
Quant à écrire des poèmes sur les autres, c'est quelque chose de différent encore... selon que la personne le sait ou pas. Par exemple, les poèmes sur Indo... ils ne sont pas au courant, donc je peux laisser divaguer un amour de fan, comme je le veux, sans contrainte ni rien...Je les ai écris parce que j'aime l'univers du groupe et que beaucoup de mes amis sont dans cet univers-là aussi... c'est une sorte de petit hommage, à eux, à vous, à nous.
Après si la personne demande que tu écrives sur elle... elle peut très bien ne pas aimer ce que tu as écris... et là c'est plus embêtant... c'est un exercice extrêmement périlleux ... il faut que les deux personnes, l'auteur et celui pour qui tu écris, soient des personnes très ouvertes...


« Comment vois-tu vous la jeunesse d'aujourd'hui? » Indoctrination

Je la vois plus seule que jamais. Myspace en est l'exemple même. Tout le monde se retrouve sur la toile, derrière son pc, à se connecter le soir à partir de 20h. D'un côté c'est beau, beau comme un rendez-vous intime. Nous sommes pareil. Nous voulons aimer, être aimé... trouvé celle ou celui qui fera chavirer le c½ur...Mais quelque part, c'est cette solitude qui nous rassemble dans ce même appareil...et du coup on se sent moins seul... c'est paradoxal mais c'est vrai... C'est étrange d'ailleurs... plus il y a de moyens de communiquer, plus il y a des gens seuls... Je ne sais pas comment l'expliquer... Peut-être y'a t'il beaucoup de timidité de part et d'autre, peut-être que la plupart des garçons veulent du sexe, que la plupart des filles veulent des princes charmants, et que fatalement, à un moment donné ça coince... Et puis y a cette fichue télé... ça casse tout.... On voit ce garçon qui est devenu star en trois mois... et cette fille, idem.... Ça fausse tout, on s'imagine que c'est facile, d'être en haut et tout ça... Alors on rêve, on rêve pour fuir cette réalité qui est si triste... on rêve de lui, d'elle... et puis dans la rue, dans le lycée, on croise des gens qu'on trouvera fade à côte de celui ou celle qui passera à la télé. Je me demande si les jeunes... je veux dire, il ne faut jamais se satisfaire de ce qu'on a quand on peut avoir plus...si tel est toutefois son désir... mais la réalité, parfois, elle est belle... et ce garçon que je croiserai dans la rue, cette fille qui est assise dans le bus, il elle doit être merveilleusement bien, être dans ses bras, ça doit être si bon... Au diable ces pseudos-stars...redevenons sincères, revenons un peu sur terre...
Un tout petit peu ...


« tu est parfois, souvent même, très direct dans tes textes (tes poèmes), n'a-tu pas peur de choquer parfois? » Hélène

Personnellement je trouve choquant qu'une famille mange en regardant la télé...Qu'on nous mette des Paris Hilton a toutes les sauces alors que son seul mérite est d'avoir un grand père fortuné... On nous donne du n'importe quoi aux infos... on nous vend du rêve accessible...Sauf qu'on ne parle jamais de l'envers du décor... et là tout n'est pas si propre...On nous vend de la starification comme si c'était bien, comme si c'était un métier terrible alors que c'est tout sauf ça...Je veux dire bien sûr, des fois, sa photo sur les magazines, ça fait plaisir, mais y'a du boulot derrière ça, énormément de boulot, et ça personne n'en parle... Pour moi, montrer la mort, le viol, aux informations de 20h, devant les enfants, devant le monde, ça c'est choquant... parce qu'on exhibe la pauvreté, la misère, le scandale... on s'en délecte... le malheur des autres, ça fait oublier le sien...
Je trouve choquant qu'on fasse grandir dans un monde tel que le notre... après mes mots, à côté de ça, qu'est ce que c'est ? Le sexe ? Mais les jeunes ne m'ont pas attendu pour dire qu'un sexe est un sexe, que c'est bon, qu'on aime tous ça...oui le sexe est bon.. qui le nierait ? L'amour, quand c'est pur, c'est tellement beau, tellement mieux que la merde qu'on nous répand, qu'on nous déverse à longueur de journée... Je ne pense pas choquer... aujourd'hui à 13ans, on sait quasi tout du sexe... comment pourrais-je encore choquer ?


« Fais –tu un autres travail à côté de l'écriture ? Si oui lequel ? »manifestoconcert

Non, j'ai la chance de pouvoir me consacrer entièrement à mon art de perfection, la littérature. J'écris tout les jours, parce que j'aime ça, et j'aime à me dire que je suis fais pour ça, que je suis sûr cette fichue terre pour cette raison, que mes mots peuvent peut-être servir à quelque chose, à certains... et j'écrirai toute ma vie, ça c'est sûr.



« D'ou vient ton inspiration pour tes poèmes et pourquoi certains ont- ils des goûts pervers ? » mellehp

Alors pervers...mmm c'est y aller un peu fort...mais c'est fort possible également... Toutefois je pense que tout ça n'est qu'un problème de société... de temps. Il y a encore à peine trois siècles, on mariait sa fille à 14 ans... et tout le monde trouvait cela normal... aujourd'hui qu'est qu'on n'entendrait pas si ça se passait encore comme ça... Et puis il y eut des peuples qui mariaient les enfants d'une même famille, cousin, cousine, etc.... là aussi, accepté autrefois, décrié aujourd'hui. La perversité ne serait-elle pas plutôt question de société, de tolérance, d'ouverture ?
Et puis il y a perversité et perversité... deux filles ensemble, je trouve ça très beau, deux hommes aussi.... C'est une vision personnelle de la vie, des sentiments...L'amour est-ce si laid ? Est-ce que c'est parce que c'est contre ce que la société pense que c'est mal ? La société doit-elle dicter tous nos goûts, ce qu'on doit aimer, ce qu'on doit détester... quoi lire, regarder, etc... Et si j'avais envie de me faire ma propre opinion des choses ? Et si j'avais envie de penser que cette femme de 50 ans avec ce jeune homme de 25 ans c'était beau ? Beau parce qu'ils s'aiment, et que rien ne compte d'autre que ça ... pour eux... Laissons les gens vivre leur amour sans les juger sur des critères débiles... La vraie perversité, au fond, très profond même, c'est de ne pas accepter qu'on puisse voir différemment les choses que vous voyez vous. Alors dans ce cas-là, oui je veux être pervers, aller aussi loin que j'en ai envie, avec lui, elle, eux, bref nous. Nous qui aimons, qui voulons ça, qui voulons vivre intensément chaque jour comme si c'était le denier parce que bon dieu la vie est courte... trop courte pour se poser des questions... laissons les autres juger, et perdre leur temps à faire cela... laissons-les et vivons vite et fort...et puis partir. Sans regrets.


« Penses tu éditer des nouveaux livres de poèmes ? » mellehp

J'aimerais beaucoup... Faut-il encore trouver le temps.... et le bon éditeur !

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 03:12

« Article précédent : HITLER : et donc, c’est en CE1 que vous en devenu ...

Article suivant : Nouvelle : Holden »